biographie

D’origine franco-iranienne, Parvine Curie est née à Nancy en 1936. Son enfance à Troyes a été marquée par les tours, les colonnes et les voûtes qui jalonnent la ville. Sa jeunesse, bouleversée par de fréquents déplacements, s’ancre dans l’imaginaire de la littérature et des arts. Elle fait ses études à Bordeaux, passe son bac à Paris, où ses parents tiennent une pharmacie, entreprend des études linguistiques et part découvrir l’Angleterre, l’Autriche, l’Espagne et l’Italie. De caractère réservé mais ouvert, sa curiosité vive favorise des amitiés dans les milieux internationaux d’artistes et d’intellectuels.
La découverte de l’art roman catalan l’incite, dès 1957, à partager son temps entre la France et l’Espagne.



1957

Guide à Barcelone ; un grave accident change le cours de son destin. Inconsciente pendant douze heures, elle est retrouvée à quelques kilomètres du carambolage. Peu de temps après sa sortie d’hôpital, le photographe Barguès et sa femme l’introduisent dans le cercle des intellectuels et artistes catalans ; elle rencontre l’astrologue Jean Carteret, la danseuse gitane la Chunga, et le sculpteur Marcel Marti.



1958

Marti l’éveille à la peinture. Face à ses dons et capacités, il lui déconseille la discipline académique C’est donc en autodidacte qu’elle se lance dans la carrière d’artiste. Une partie des dessins et peintures bleues de cette première période se trouve aujourd’hui dans son atelier et dans la collection de son frère, Gilles Curie.



1959

À Paris elle épouse Marti. Dans son atelier de Barcelone, au dernier étage de la «Casa de les Punxes», construite par l’architecte Puig i Cadafalch, disciple de Gaudi, ses premières sculptures voient le jour.



1960

La naissance de son fils David réactive ses réflexions sur la complexité des relations mère-enfant. Un aspect primitif caractérise ses statuettes, masques, maternités humaines ou animales en grès, qui sont figuratives, bien que la valeur emblématique l’emporte sur le réalisme. Finaliste du quatrième Salon de Mai à Barcelone, elle obtient une première exposition personnelle à l’Institut Français de Barcelone. Désormais, Parvine rejoindra sa mère Françoise Curie, lors de ses séjours à Cadaquès l’été.



1961-62

Pour des masques, elle explore les possibilités de matériaux bruts et récupérés sur les plages. Parallèlement à la sculpture, elle confectionne des bijoux et des costumes et pénètre ainsi dans les défilés de mode, décore des bars, des restaurants.



1963

La Galerie du Siècle à Paris et la Galerie Belarte à Barcelone exposent ses Jeux barbares.



1964

Une grande amitié la lie à la famille de l’architecte Jordi Gali ; Teresa Gali est marraine de son fils David, leur fille Beth Gali est aujourd’hui architecte de renommée internationale. Grâce à Jordi Gali, l’hôtel Capsa Sal sur la Costa Brava, achète pour sa décoration une centaine de ses dessins de personnages mythiques.



1965

Avec l’emploi du fer, du bronze, et d’aluminium découpé, son travail se stylise et se construit. La boutique de Mode «Gales» à Barcelone lui commande la décoration de ses vitrines pour Noël : Oiseaux fantastiques, Anges-sirènes.

Après un séjour prolongé à New York, dans le Tennessee et à Washington, elle loue jusqu’en 1969 un petit atelier face à l’église gothique Santa Maria del Mar.



1966

En métal repoussé et brûlé appliqué en feuilles martelées et rivetées, elle assemble des œuvres troublantes : Hommage à Lovecraft, Esprit de la Mort, Homme-Oiseau. Son masque Démon créé d’une peau de serpent peint en rouge sur aluminium découpé, accroché dans son atelier, manifeste deux fois sa puissance maléfique ; craignant d’autres désastres, l’artiste le détruit. Les sculptures modelées sont également d’une grande densité en devenant plus massives et structurées : Couple, Matrice, Cosmos.



1966-68

Deux fois de suite ses cartes de vœux gravées pour Noël sont récompensées par le Prix de Christmas ; elle exécute trois peintures murales pour la résidence scolaire Belloch à Ganollers. Sur des griboullis dessinés au hasard, Marcel Marti lui révèle des lignes de force d’une simple esquisse ; ces formes abstraites orientent ses premières Mères, qu’elle présente chez Suzanne de Cönninck au Centre d’Intégration des Arts, en mai 1968.



1969

À Barcelone elle réalise un Habitacle-Mère et une première série de Première Mère. Avant de quitter l’Espagne pour se fixer à Paris, elle fait un séjour en Angleterre.



1970

Elle occupe un atelier dans la Cité internationale des Arts. Dans le cadre du Salon de la Jeune Sculpture, au Jardin du Luxembourg, elle présente Première Mère, un assemblage de planches collées très artisanalement. De grande taille, le bois, teinté de couleur sombre, contraste avec les barres en laiton jaune brillant, renvoyant la lumière, qui joue désormais un rôle essentiel dans la composition de ses sculptures. Cette œuvre impressionne le sculpteur François Stahly.
Au sommet de sa maturité artistique, il y reconnaît une grande affinité avec son propre travail de l’époque. Elle réalise plusieurs plâtres et fontes en bronze chez l’architecte bâlois Rudolf G. Otto : Mère-Trois Personnages ainsi que Mère-Procession montrent l’importance des liens humains, pour se soutenir, se protéger et pour aller de l’avant. Stahly et sa femme Claude l’invitent à travailler avec eux à l’atelier collectif du Crestet, où Stahly et ses assistants réalisent le Grand Labyrinthe commandé en 1969 par Nelson Rockefeller pour le parc du Capitole de l’État de New York, à Albany. C’est là que Parvine Curie apprend les bases du métier, la taille du bois et de la pierre. Stahly de son coté reconnaît l’influence structurante de Parvine sur son œuvre.



1971

Elle voyage en Grèce. Les principes de son langage plastique sont en place. Le thème de la mère avait hanté Parvine dès ses premières vierges et maternités en terre cuite. Maintenant, sur le conseil de Stahly, elle bâtit de solides charpentes en bois massif brut, assombri à la torche. Les patines des bronzes sont également foncées, censées masquer la texture naturelle du matériau qui ne prime pas. Comme l’art roman, l’art de Parvine Curie est dépouillé, sans fioritures, pour ne laisser transcender que l’âme de l’œuvre. Avec Mère-Porte elle entame une réflexion sur le passage vers l’inconnu.
Ici deux portes s’épousent, laissant la voie libre vers l’avenir. Dans sa maison de Cadaquès récemment acquise et aménagée avec l’architecte italien Franco Bombelli,
Elle modèle, en souvenir de l’église qui se trouvait en face de son atelier à Barcelone, la sculpture Mère-Santa Maria del Mar, et Mère-Maison.



1972

Stahly présente les sculptures de Parvine dans l’atelier collectif de Meudon. Dans celui du Crestet, elle termine sa première sculpture monumentale : Mère-Murs, un ensemble de prismes en acajou brûlé, légèrement inclinés vers l’intérieur, entre lesquels chemine la lumière. Deux figures élevées surplombent la demeure circulante de Mère-Citadelle, comme pour accueillir ceux qui y pénètrent. Mère-Croix, bichrome, évoque des passages étroits entre les parois protégeant la croix à l’intérieur.
Susi Feigel l’expose avec Arp, Penalba et Mary Vieira dans sa Galerie d’Art Moderne, à Bâle.
Sur place elle crée la sculpture Mère-Colonne, qui, comme Mère-Cathédrale (1971), et Mère-Labyrinthe, revendique l’héritage de l’apadâna achéménide.



1973

Décès de Claude Stahly. Françoise Tournié lui consacre une exposition dans sa galerie et un catalogue personnel. La commission du Fond National d’Art Contemporain achète le bronze de Mère-Trois Personnages, de 1970. À la fin de l’année, Stahly et Parvine partent pour six mois en Amérique pour l’installation du Labyrinthe à Albany. Le panorama des Montagnes Rocheuses, ainsi que les vestiges précolombiens du Mexique et du Guatemala retentissent sur l’œuvre des deux artistes.



1974

Divorce de Marcel Marti. À l’exemple du Parc de Sculptures de la Venta, à la Villa Hermosa, au Mexique, Stahly et Parvine créent l’association des Amis du Parc forestier le Haut-du-Crestet, près de Vaison-la-Romaine, afin d’explorer les possibilités de la création collective et d’adapter l’Art à la Nature.

Les temples Khmers envahis par la végétation, ainsi que les constructions intégrées dans la roche de Mesa Verde, aux États-Unis, ont également servi de références à ce projet ambitieux. Grâce à l’architecte Jean Balladur, elle reçoit une première commande publique pour le Collège Bégon à Blois, Labyrinthe, en acajou brûlé. Les deux éléments séparés de Mère-Couple II (1973) s’emboîtent désormais, traduisant l’épanouissement complémentaire trouvé auprès de Stahly, avec qui elle partage désormais sa vie.



1975

Mariage avec François Stahly, et deuxième séjour prolongé en Amérique.
Elle réalise avec Jean Balladur des sculptures monumentales : Mère-Anatolica pour le c.e.s. de Chevreuse et Mère-Ruche pour le c.e.s. de Carignan, dans les Ardennes. Les six éléments en bois massif de Mère-Forteresse, assemblés mais non scellés, de hauteur inégale, livrent un jeu inspiré de décalages et de décrochements. Rigides à l’intérieur, les dos courbés vers l’extérieur, les formes s‘orientent vers le centre, telle une forteresse protectrice.



1976

La Monnaie de Paris édite désormais de petits reliefs, des sculptures et plus tard ses bijoux, en tirages numérotés limités. Pour un c.e.s. à Marseille, elle construit Mère-Couple II. La série des Matmatas évoque les habitations enfouies dans le sol saharien, où les occupants cherchent fraîcheur et protection. Les Matmatas de Parvine Curie font corps avec le sol, l’espace y circule. Les poussées obliques de Ville éclatée à l’image d’un gigantesque cristal de roche traduisent à la fois la puissance tellurique et le chaos résultant de ses manifestations.



1977

C’est en quête d’une harmonie entre l’architecture, l’homme et la nature, qu’elle conçoit le grand Écho de la Forêt, bâti directement sur son site du Crestet, enraciné au sol. Ses contours doux épousent les formes de son environnement, les rayons de soleil y pénètrent filtrés par la végétation. Mère-San Pedro de Roda, est inspirée de l’église homonyme romane, perdue en pleine campagne, que l’artiste avait découverte lors de ses randonnées aux alentours de Cadaquès. La Mère-Tour en teck africain, évoque un couple enlacé. à Cadaquès Parvine est surnommée la boja que pica («la folle qui tape») et son mari et elle los pica-piedras («les tape-pierres») !



1978

Pour la Revista Literature Delta 4, à Barcelone, elle illustre de trois encres de Chine Le triptyque de la Croix, recueil de poèmes en hommage au poète catalan José Maria Manent, préfacé par Alex Susanna.



1979

Un Jury composé des sculpteurs Penalba, Waldberg, Hajdu, Etienne-Martin et Couturier lui décerne le Prix Bourdelle. Nancy, sa ville natale, lui commande pour un plafond du palais de justice, un relief monumental en bois d’iroko clair : Conversation, écriture.



1980

Elle rejoint avec Stahly son fils David Marti, dessinateur, peintre, et écrivain visionnaire, vivant aux Indes. Séduits par l’architecture des temples creusés dans la roche, la statuaire et la philosophie indiennes, ils descendent jusqu’à Adyar (Madras) pour retrouver Krishnamurti. Pour son exposition au musée Bourdelle, Jacques Lassaigne écrit la préface du catalogue. Les grandes Portes de la Nuit sont installées au parc du musée de Meudon, et la version de deux mètres de Mère-Cathédrale, en bois exotique, est achetée par la ville de Paris pour l’inauguration du musée de Sculpture Contemporaine en Plein Air, quai Saint-Bernard.



1981

Elle compose une autre Mère-Cathédrale pour le Lycée d’Enseignement Technique de Miramas, en alignant piliers et linteaux en pierre massive de Bonnieux. Dans cette dimension (280 x 300 x 300 cm) la sculpture révèle ses affinités avec d’autres lieux sacrés, comme Stonehenge ou Carnac. Golgotha, taillé en pierre de Bourgogne, (commande publique pour le c.e.s. Plouzané, Finistère) peut être compris comme un saisissant hommage à son père Robert Curie, décédé en 1979.
À l’instar des somptueuses fontaines réalisées par Stahly, comme celle du Parc Floral de Vincennes, elle conçoit les Fontaines-Champignons, où une alternance de formes rigides et de coupelles rappelle la formation de cascades.



1982

Elle expose au Museum am Ostwall à Dortmund, et la Collection Prisme à Paris lui consacre une monographie. Elle revient au thème des Portes et traite celui des Arbres sacrés, déjà exploré en 1979. Les racines aériennes du Banyan, figuier de l’Inde, et ses multiples bras créent des rythmes tentaculaires qui évoquent à la fois la toute puissance du dieu Shiva et la luxuriance de la Nature.



1983

La Morada, en bois d’orme, est un bloc solide, ramassé, fermé sur lui-même. De petites lucarnes laissent entrer la lumière, c’est un hommage à la demeure de Sainte Thérèse d’Avila. L’élan ascensionnel de Matrie, dont l’empilage des gradins est porté par de puissants contreforts, annonce des figures comme Personnage Babel de 1989.



1984

Troyes lui prépare une rétrospective au musée d'Art Moderne, qu’elle dote d’une nouvelle porte d’entrée en bois d'iroko sur le thème du Banyan. Meudon lui commande le Monument aux victimes de la barbarie Nazie, en marbre de Carrare.



1985

Son premier voyage en égypte déclenche en elle toute une recherche sur les pyramides, qu’elle s’approprie à sa façon : Sakkhara (1985-86), Guizeh, Suite Égyptienne (1987). Elle visite également une première fois avec Stahly les grands lieux andalous, Séville, Cordoue, Grenade, Almeria.
Jack Lang la nomme membre de la Commission consultative d’achat d’œuvres d’art du Fond National d’Art Contemporain.
Mère-Chapelle en teck (1973-1974), dont les prismes inclinés semblent se refermer sur un abri-sanctuaire, entre dans les collections du musée de Pontoise suite à l’achat du Fond Régional d’Art Contemporain. Parvine est très motivée par la commande du Centre National d’Arts Plastiques d’une porte en bronze, à double battant pour l’Abbaye romane de Murbach, d’autant plus que l’intégration d’une œuvre moderne dans l’architecture médiévale la passionne. Madre-Mar et Mère-Forteresse II, en bois, compositions de poutres et de murs constituent des sortes de cryptes bien gardées.



1986

Elle réalise un boîtier d’évangéliaire pour le Centre National d’Art Sacré à Paris. Avec le concours de Suzanne Veyret, Parvine Curie coud la tapisserie Histoire de Banyan. Elle sculpte plusieurs versions d’Arbre-Heaume en différents matériaux et la Veleta-Girouette en bois. Avec Stahly elle parcourt l’Espagne, l’Italie, l’égypte et le Maroc.



1987

L’exposition inaugurale à Paris de la Fondation Mona von Bismarck présente les Guizehs, Sakkharas et Suites égyptiennes. Création de Figure ailée, Tour Cadac et de Temple-Eau.



1988

Elle retourne en Andalousie avec son fils David, et au Maroc avec Ljuba et Ernesto Wolf. En sculptant Personnage Cadac et Le Voyageur (1990), elle traduit l’allure pondérée de son mari Stahly pendant leurs longues balades.L’Élysée lui achète la sculpture Mère-Couloirs en aluminium, cadeau présidentiel au chancelier allemand Helmut Kohl.



1989

Si les architectures orthogonales des Tours et Campaniles semblent à ce moment au cœur de ses préoccupations, elle éprouve régulièrement le besoin du contraste, rompant l’austérité hiératique en assouplissant les formes. Le monde animal préside aux élans obliques, aux envolées courbes et à l’ouverture spatiale de Tête de Cheval (1988), Ailétombé (1989), Cheval (1990), Pégase (1991), Aullé (1991). Le Couple ailé (1992), cependant, est un autoportrait avec Stahly.



1990

La Galerie Lambert-Rouland lui offre une exposition présentée par Patrick-Gilles Persin. Pour l’état elle réalise une édition hors commerce de vingt-cinq petites pyramides, que le président Mitterand offrira aux chefs d’état lors du sommet Franco-Africain à La Baule. Samarka, une terre-cuite peinte en noir et blanc, constitue une œuvre à part, évoquant une petite mosquée.



1991

Elle aborde l'escalier d'une façon originale avec Personnage escalier intérieur et La Porte étroite. Cette dernière résume ses hantises : l’escalier pour l’ascension, l’intérieur protégé dans un jeu d’ombre et de lumière, le passage difficile, puis au-delà l’inconnu. C’est une des rares sculptures en pierre claire. L’artiste l’avait entrevue dans un rêve lui rappelant la lumière éclatante aperçue lors de son accident à Barcelone en 1957. Pour les «Nouvelles Broderies de Valenciennes» du Mobilier National, elle crée deux projets de napperons brodés. Avec Stahly elle entreprend une croisière en Yougoslavie et en Grèce.



1992

Pour Parvine Curie, la flèche et la coupole de Maraba évoquent un Marabout.



1993

Voyage en Israël, au Sinaï. Lors de son exposition rétrospective à la Fondation Arp de Clamart, et à l'Espace Jacques Prévert d'Aulnay-sous-bois, qui se poursuivra, en 1995, à l’Orangerie du Château de Meudon, paraît un catalogue contenant un inventaire des sculptures. Outre l’or, l’argent et le bronze, Parvine explore pour ses bijoux de nouvelles matières : bois d’ébène, verre, pierre, albâtre, lapis-lazuli, turquoise. La masse bien assise de ses œuvres cède la place à un jeu d’équilibre : Do Desassossego (l’Intranquillité), et Déséquilibre.



1994

Le couple entreprend des promenades littéraires sur les traces de Lord Byron à Lisbonne et à Sintra, en 1995.
En Andalousie, ils suivront les pistes de Rainer Maria Rilke et visiteront le musée Rilke à Ronda.



1995

Pour une maison particulière à Tepozlan, l’artiste conçoit de grands portails en ferronnerie peints de couleurs chaudes seyant aux terres brûlées mexicaines. Les sites Mayas déclenchent la réalisation d’une série de collages sur les pyramides à degrés. L’Hôtel de Ville de Constance (Allemagne) lui commande une pyramide Guizeh en bronze. Elle réalise l’épée d’académicien et son boîtier pour François Stahly. Voyage à Saint-Petersbourg, Novgorod ainsi qu’à Trieste, pour retrouver le château de Duino, où Rilke composait ses élégies.



1996

Après un nouveau voyage dans les villages blancs andalous et à Séville, naît la sculpture Petite Mère Retour. Mère-Poblet, par contre, est inspirée du monastère Poblet près de Taragonne.



1997

Pendant l’été, ses Campaniles sont placés dans le parc du château de Fougères. Réalisation d’une porte en bois chez un collectionneur à Paris.



1998

Troisième séjour au Mexique avec François Stahly (Tepozlan et Taxco). En décembre un bref séjour à Londres lui fait redécouvrir le peintre Turner dont elle aimerait retrouver la poésie dans sa propre œuvre. Ses sculptures actuelles avancent avec de plus en plus de liberté vers l’espace : Chat-grenouille, Petit Envol II, Vol, Personnages presque couchés. Réalisation de nombreux collages centrés sur le thème du monastère de Pedralbes et de l’église Santa Maria del Mar, à Barcelone.



1999

Rétrospective au monastère gothique de Pebralbes et à la galerie Maeght à Barcelone. Elle rencontre Yvan Mécif, éditeur de la revue Rémanences à Bédarieux qui devient un ami et un collaborateur précieux. Il lui propose de participer au numéro de la revue consacré à André Miquel. Par le biais de plusieurs ouvrages (La Mémoire des Mondes, I, II et II), il a contribué à faire connaître l’oeuvre poétique de son fils David Marti.



2000

L’Institut français de Barcelone l’expose avec François Stahly. Philippe Reliquet, qui l’a invitée en tant que directeur, et son épouse Scarlett, deviennent des amis proches.



2003

Elle expose les Envol et Thangka au Centre d’art et de culture de Meudon. Parvine Curie consacre son temps à François Stahly dont la santé se détériore.



2004

Dernier voyage avec François Stahly au Sri Lanka, selon un souhait qu’il a exprimé. Ils visitent ensemble des temples et admirent les bouddhas allongés. À partir de 2005, elle retourne chaque année en Inde : Sanchi (Madhya Pradesh) ; Hampi (Karnâtaca) ; Tamil Nadu, pays des Tamouls, pour ses temples creusés dans la roche ; Ellora (Andhra Pradesh), célèbre pour son architecture troglodyte et Ajanta (Maharashtra) connue pour ses grottes creusées dans le basalte.



2005

l’oppression des femmes dans les régions concernées. Elle travaille sur l’agencement des plis, du vêtement qui dissimule la silhouette : Personnage Burkha (2005) ; Grande Porte Burkha (2007-2010).



2006

Mort de François Stahly. Murs au travers, sculpture en résine qui forme un paysage suggéré. L’Hommage à Franck Gehry, sculpté en référence à l’architecture déconstruite du Guggenheim de Bilbao dont les formes démultipliées l’ont impressionnée. Chute blanche (bois blanc et bois teinté) sur la notion de déséquilibre.



2007

Après une visite au Musée archéologique d’Athènes, elle réalise Mains, étudiant la symbolique de la poignée de main. À l’occasion de l’exposition à la galerie Yves Gastou de la rue Bonaparte à Paris, le galeriste restaure La Première Mère (grande sculpture qui avait présidé à la rencontre avec François Stahly en 1970). Mort de son fils David Marti.



2008-2009

Pjeta, Pjeta II et III, Personnage au portique suivent la disparition de son fils. Une exposition consacrée à David Marti, Le Poète fragile, à L’Isle-sur-la-Sorgue (salle de la congrégation), montre pour la première fois les grands dessins au crayon sur papier kraft et les dessins illustrant les Chants de Maldoror de Lautréamont.
2009 Rétrospective de l’oeuvre de David Marti, organisée par Parvine Curie au musée de Cadaqués (Societé de l’amitié) qui permet la réalisation d’un catalogue et d’un film (galerie Martel-Greiner) à cette occasion. Elle participe à Oppède-le-Vieux (Vaucluse) aux rencontres Oppède, terre d’artistes, au cours desquelles elle témoigne des années de vie et de collaboration auprès de son mari François Stahly.



2010

Une chute « opportune » de la sculpture conduit Parvine Curie à achever différemment « La Grotte aux Doigts » en plâtre, qui sera réalisée en bronze par la suite.
Elle entreprend un voyage au Cambodge avec son compagnon Marc Devinoy pour retrouver ces sculptures Khmères qu’elle admire. À la fin de l’année elle réalise en pierre « Tha Prohm », souvenir de ces temples en ruines recouverts de plantes tropicales.



2011

Elle commence la réalisation de « Grand Thangka IV », fait de voilages superposés, qui emprunte un coté bannière rituelle. Elle sera destinée à un endroit choisi dans la Collégiale Saint Martin à Angers.



2012

Rétrospective à la Collégiale St Martin de Angers (sept. 2012). Sculptures et tentures avec interventions musicales ‑ « Sculptures de Muses » interprétée par Patrick Desfossez et Anne Debaecker - ainsi que des itinéraires poétiques sur des textes et poèmes de David Marti.



2013

« Mère Anatolica », déterrée du collège de Chevreuse, ouvre l’exposition rétrospective de Pierre Huyghe à Beaubourg.
Exposition personnelle à la galerie Martel‑Greiner « Sculptures noires, Sculptures blanches).
Voyage au Sri Lanka, accompagnée de Marc Devinoy.
En été elle participe à l’exposition « Les Femmes Sculpteurs » à la Villa Datris (Isle‑sur‑Sorgue) avec la « Grande Porte » en bronze qui annonce l’exposition et la « Grotte aux Doigts ». Parallèlement elle expose « Le Vol » en matériaux composite au jardin de sculptures du Musée Pierre Salinger (le Thor, Vaucluse).
Elle est décorée Chevalier des Arts et des Lettres.



2014

Elle voyage à plusieurs reprises en Grèce, où elle travaille dans la fonderie de Théodore Papadopoulos. Sa femme et lui-même, au terme de chaque visite, lui font visiter les iles de Hydra, Santorini, Skyros et le paysage insolite des Météores.



2015

Elle participe de nouveau à l’exposition de la Fondation Datris « Architecture et Sculpture », avec « la Porte étroite ». « Le personnage au portique », sculpture en mémoire de son fils David Marti, fait partie de l’exposition inaugurale de P gallery à Athènes.
Nouvelles créations : « Cathèdre », « Tabour », « Siège », « Le Grand Coléoptère », « Personnage aux Ailes Repliées » et « Réunion » stèle en marbre ; elle termine « Temple perdu » en bois (1989‑2015). Création du Fonds de dotation Parvine Curie – David Marti.
En juillet elle participe à l’exposition « Dessine-moi une collection » au Musée d’Art Moderne de Troyes avec une gouache inspirée de la Porte du Musée réalisée par elle-même et faisant partie de la collection susmentionnée.
En décembre elle participe à « Talismans » à la galerie Hervé Courtaigne (Paris) avec des petits collages.



2016

BRAFA Bruxelles avec la galerie Martel-Greiner.



*Cette biographie est très largement basée sur celle élaborée par Greta Stroeh en 1999.